Ils sont célèbres dans le monde entier, car nul n’a jamais compris comment ces concrétions miniatures ont été formées. Le mystère scientifique est total.

La Grotte de Trabuc est connue pour l’énigmatique «salle des 100 000 soldats» dont le fond est tapissé d’une forêt de concrétions centimétriques qui ressemblent à des sapins d’argile. Mais qui n’en sont pas. La formation reste mystérieuse à ce jour car aucune trace de goutte à goutte présent ou passé est remarquable pour donner un début d’explication, et tout cela dans un environnement calcaire très argileux.

En réalité ces concrétions sont un type très spécial de cristaux de gours.
Elles se forment sous l’eau, dont elles ne dépassent pas le niveau, au creux d’une vasque très étendue (plus de 100 m²) , et sont constituées de calcite à 95% et d’argile à 5%. Parfois elles se rejoignent pour former les bords d’un gour véritable.
Les étapes intermédiaires de ces concrétions sont spectaculaires :
chaque « soldat » semble formé d’un empilement de disques, probablement en relation avec des variations du niveau d’eau. La calcite flottante, très présente également, semble jouer un rôle. Et puis bien sûr, l’environnement argileux est fondamental par rapport à la minéralité.

Mais comment et par quels mécanismes ces 100 000 soldats se sont-ils développés ?

Pour expliquer ou vérifier scientifiquement ces formations, aucune des hypothèses avancées à ce jour n’est satisfaisante.

Des théories faisant intervenir des bactéries à celles impliquant des forces électro-statiques, en passant par d’autres phénomènes encore, ces 100 000 soldats font beaucoup parler. Et c’est une bonne chose que la nature conserve certains secrets de fabrication.

Les premiers explorateurs pensaient que c’étaient des stalagmites, mais rien ne tombe de la voûte.

Les érudits et les connaisseurs parlèrent de stalactites inverses, provoquées par une montée des eaux à travers la couche d’argile des gours, rappelant les curieuses stalactites inverses de la Macocha, en Tchécoslovaquie. Mais, ici, il n’y a pas de canal central pour alimenter la concrétion en eau et la présence de l’eau est plus qu’hypothétique, si l’on en croit les sondages effectués.

Dans leur théories, certains biologistes font intervenir des populations de microbes ou de champignons inférieurs, mais les mêmes associations existent sur des kilomètres de galeries dans les grottes, sans pour cela que les gours y soient encombrés de ces concrétions étranges.

Les spéléologues de 1945 baptisèrent ces sentinelles impassibles dans leur berceau de pierre, les « 100 000 soldats ». Le nom est resté. Rien d’équivalent ne peut y être comparé.

Cette fameuse découverte des 100 000 soldats, bordés par leurs murailles stalagmitiques serpentiformes, donna un essor à l’aménagement touristique, tant il est vrai que l’exceptionnel ne peut rester une affaire d’initiés !

Celui qui les a vus, se souviendra toujours de cette armée du silence, gardienne des remparts sur un champ de bataille, révélée peu à peu par la lumière rampante des projecteurs.